Journée mondiale du Climat 2020

L'Océan et le dérèglement climatique

Journée mondiale du Climat 2020

Ce mardi 8 décembre, c'est la journée mondiale du climat. L’occasion de se rappeler l'importance de l’océan pour le climat mondial.

Près des trois quarts de la surface de notre planète est couverte par l’océan. Ce dernier possède une vaste zone de contact avec l’atmosphère et absorbe plus de 90% de l’excès de chaleur accumulé dans le système climatique.
Ce rôle régulateur est essentiel, mais la quantité de chaleur accumulée a aujourd’hui des conséquences sur l’évolution du niveau de la mer et sur le bon développement des organismes.

On estime que les océans emmagasinent chaque année l’équivalent de 10 fois la quantité d’énergie consommée par l’humanité sur la même période.

L’importance de l’océan pour le climat mondial ne peut pas être sous-estimée. Il est l'un des plus grands et des plus importants systèmes de soutien de la vie sur cette planète.
 

Un mécanisme qui absorbe le CO2

Une partie du CO2 atmosphérique se dissout dans l’eau : plus celle-ci est froide, plus elle en absorbe. Or l’eau froide est plus dense et plus lourde. Ainsi, quand les eaux se refroidissent vers les pôles, elles glissent au fond des océans. C’est grâce à cette différence de températures que se créent les courants et qu’une part du gaz carbonique dissous se retrouve entraînée vers le fond.

Le plancton végétal joue lui aussi un rôle dans l'absorption du carbone. Lors de la photosynthèse, il se développe en absorbant du gaz carbonique qu’il transforme en matière organique, nourriture pour de nombreux animaux.
Quand ces organismes meurent, cette matière organique tombe au fond de l’océan où elle se transforme peu à peu en sédiment. Cette capacité de stockage du gaz carbonique fait de l’océan l’un de nos principaux alliés face au changement climatique.

Depuis le début de la révolution industrielle, l’océan aurait absorbé 30 % de nos émissions de CO2. Mais cela va t-il perdurer ? Le réchauffement de l’eau rend plus difficile la dissolution du CO2 et perturbe la formation des courants qui résultent de différences significatives de température. On ignore également dans quelle mesure le plancton va pouvoir continuer à absorber le CO2. 
 

Le blanchissement des coraux

Dès que la température de l’eau augmente de 0,5 °C par rapport à son niveau habituel, les coraux blanchissent. En effet, ils doivent leurs belles couleurs à de microalgues unicellulaires, les zooxanthelles, qui s’abritent dans leurs tissus et leur apportent des nutriments. Or, dès que la chaleur augmente, les coraux réagissent en les expulsant, ce qui leur fait perdre une partie de leur subsistance.

En quelques années, on estime que 20 % environ des récifs ont définitivement disparu. La Grande Barrière de corail australienne et ses 2 300 kilomètres de long est directement menacée.

Les écosystèmes coralliens sont reconnus mondialement pour leur richesse et leur biodiversité, à l’instar des forêts équatoriales.

1 kilomètre carré de récifs abrite plus d’espèces que tout le littoral européen ! Pourtant, les récifs coralliens sont les écosystèmes les plus menacés de disparition par les changements climatiques.

Selon la communauté scientifique, si les températures moyennes globales de surface augmentent de 1,5 °C, le réchauffement de l’eau et l’acidification des océans engendreront la destruction des récifs coralliens au cours de la prochaine décennie.

On estime qu’entre 30 et 50 % des récifs coralliens ont déjà été sévèrement dégradés ou complètement détruits par l’impact du dérèglement climatique. La disparition des coraux conduira en cascade à la perte de nombreuses espèces de poissons et d’invertébrés qui en dépendent. Des millions de personnes issues des populations côtières sont tributaires des biens et des services issus des écosystèmes coralliens. La destruction de l’écosystème récifal aura un fort impact sur la sécurité alimentaire des populations et aggravera la pauvreté.

L’enjeu primordial est d’assurer la préservation des récifs coralliens dans le monde, aussi bien pour leur rôle dans la résilience aux changements climatiques que pour leur biodiversité unique.


L’acidification : une menace pour la biodiversité océanique

L’augmentation du CO2 dans l’océan rend les eaux plus acides. En 250 ans, le pH moyen de l’eau (l’unité de mesure de l’acidité) est passé de 8,2 à 8,1. Ce phénomène représente une augmentation de 30 % depuis la révolution industrielle. Cette hausse constitue un danger pour les organismes, plantes et animaux qui possèdent une structure calcaire. Sans une diminution des émissions de CO2, plusieurs simulations montrent que les eaux de surface pourraient être trois fois plus acides d’ici à 2100, devenant alors corrosives pour les plantes et les animaux dont le squelette ou la coquille contient du calcaire (algues, huîtres, moules, coraux…). 


Un impact significatif sur les micro-organismes

La diversité en plancton risque d’être considérablement modifiée par ces changements climatiques. L'augmentation de la températures dans les zones tempérées et polaires favorisera la diversité planctonique et la biodiversité entière de ces zones risque d’être totalement bouleversée. Les microalgues unicellulaires pourraient quant à eux souffrir de l’acidification des eaux et de la moindre disponibilité en sels minéraux liée à la baisse d’intensité des courants.

L’augmentation des concentrations en dioxyde de carbone peut favoriser la croissance de certaines algues et entraîner leur prolifération. A force de croître, ces organismes risquent de s’épuiser. L’affaiblissement des algues peut conduire à leur disparition, mettant en danger le phytoplancton, lui-même producteur de di-oxygène indispensable à la vie des océans


Vers une "économie bleue".

La Comission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO (COI) encourage le développement des sciences de la mer, le renforcement des capacités pour surveiller le rôle majeur de l’océan dans le système climatique, ainsi que la prévision des changements océaniques à venir.
Elle prépare le terrain pour le développement de stratégies efficaces pour atténuer et pour s’adapter aux conséquences du changement climatique. La COI met l’accent sur les conséquences les plus néfastes, telles que l’acidification des océans et l’augmentation de la température, entraînant le blanchissement des coraux, l’élévation du niveau de la mer, la désoxygénation, les variations des tempêtes et les changements dans la biodiversité marine.

Les services promus par la COI aident les États membres à devenir plus résistants face aux conséquences du changement climatique. Les partenariats sont essentiels à cet égard. Elle a par exemple joué un rôle important pour le lancement de la plateforme « Océan et Climat » qui réunit désormais plus de 50 intervenants de nature différente.
Cela contribue à aider la communauté océanographique en éclairant les débats liés à la COP21 concernant l’interaction vitale entre le climat et les océans.

Le changement climatique signifie également le changement des océans. L'atténuation du changement climatique doit être pensé par la conservation et la restauration des écosystèmes côtiers et marins tels que les mangroves et les marais salants – surnommés « carbone bleu » – et la contribution mondiale de l’océan au développement durable par la transition vers une « économie bleue ».